et si je dis vert, tout devient vert ?

Cette phrase, c’est Arno Calleja (poète) et Julie Menut (actrice, performeuse, autrice en devenir) qui l’ont proposée à Charlie Moine (scénographe, performeur) et Aurore, pour la bannière déployée sur le marché des Vans, puis fixée au sommet d’un appartement de la ville. Cette phrase, ce pourrait être un peu le mode d’emploi de L’Estive, de ce qui a été tenté ici pendant quelques jours.

Le drapeau n’a pas résisté face au vent. Mais rien ne dure, pas même L’Estive. Plein de choses ont eu lieu (concert samedi soir place de l’église), un parcours artistique dans la ville dimanche. Il y a eu des imprévus, de jolies surprises.

Bientôt nous repartirons tou.te.s.

Bientôt (d’ici quelques jours/semaines), sur ce site internet, d’autres sons arriveront : émissions de radio, docu sur le parcours artistique. D’autres images, aussi.

En attendant tout ça, voici quelques mots d’Arno et Julie sur cette phrase, donc :

 

 

et si les parades étaient faites (d’abord) pour les aveugles ?

Il y a des œuvres passionnantes, qui mettent au travail la pensée avec tellement de justesse qu’on y revient sans cesse. Sorti en 2002, Disneyland, mon vieux pays natal est de celles-ci (en somme, c’est un film qui fait penser. A tout le reste, tout le temps).

Dans ce documentaire, Arnaud des Pallières se rend au parc d’attractions situé à Marne-la-Vallée. Ce faisant, le réalisateur conçoit un portrait du lieu et de ce qu’il charrie : exploitation des salarié.e.s, déploiement du simulacre et du spectaculaire, culture de l’entertainment. Cette visite, le réalisateur en rend compte, non pas dans une structure classique (réaliste), mais en inventant un cinéma documentaire expérimental, génial par sa liberté formelle. La diffraction perpétuelle des voix, des images et des sons accompagne l’échappée et au-delà de Disneyland, c’est à une stimulante réflexion sur l’enfance et ses états, la mélancolie qui l’accompagne, la richesse de ses imaginaires (voire, l’exploitation qui en est faite) qui se déploie.

L’une des séquences du film s’attache à la « grande parade ». De celle-ci, de ses figures et interprètes obligés de faire risette, nous ne voyons que des fragments, parfois en gros plan. Le son est, a priori, celui de la parade, mais il est ici déformé, les pulsations sourdes de son rythme disant peut-être la réception particulière de ce moment par une spectatrice. Car en voix-off, Arnaud des Pallières raconte ce qu’il a observé : la découverte de la grande parade par une mère et sa jeune fille, dont il comprend que cette dernière est aveugle. A la fin de la séquence, le réalisateur conclut : « La mère, quant à elle, devait bien savoir que la grande parade serait pour sa fille bien plus belle que ce qu’en voient tous les enfants. Disneyland a été fait pour les aveugles. »

La parade est une drôle d’affaire, puisque, de façon générale, elle n’existe pas de façon indépendante. Elle est là pour servir (vendre) autre chose, pour raconter ou amener à un autre temps, un autre moment. Au festival d’Avignon, il y a une violence de la parade. Les compagnies de théâtre qui vont jouer là-bas sont contraintes de s’y coltiner pour espérer avoir du public. (minute informative: Le Off du festival d’Avignon fonctionne comme un marché dérégulé : la décision de jouer au festival relève du seul choix d’une équipe théâtrale, qui assume le plus souvent l’intégralité des frais – logement, déplacement, défraiement, location du théâtre, communication, etc.)

dans la mesure du possible, lever les yeux

Bon. Tout ça pour dire que samedi, sur le marché des Vans, l’Estive a tenu parade. Et que jusqu’alors, ayant en tête Disneyland et Avignon, je n’affectionnais guère ça. Aujourd’hui, je ne sais pas si « j’aime » vraiment les parades. Néanmoins, ai compris qu’il en existait plusieurs types : il y aurait les parades subies, basées sur l’exploitation de leurs interprètes, et il y aurait les autres. Plus libres, un peu chaotiques, avec des temps morts, des essais, des cheminements imprévus, des tentatives, et qui ont pour seul objet d’expérimenter des choses ET de les partager. Pour différencier ces deux catégories, suffirait, peut-être, d’observer les interprètes : si ces derniers affichent un imperturbable sourire proche de la grimace figée, il s’agit du premier type, de la parade du simulacre. S’ils s’en éloignent, arrêtent, reprennent, faisant de la parade une balade, il s’agira de l’autre.

et si les parades étaient faites (d’abord) pour les aveugles, ça pourrait donner ça :

 

récit de la grande parade dans le film d’Arnaud des Pallières :

« Ça c’est la grande parade. Elle a lieu chaque jour à 15h. Parmi la foule des visiteurs se trouve en ce moment une jeune fille de 10 ou 12 ans. Elle est brune, un grand sourire éclaire son visage et elle regarde le spectacle avec avidité. Près d’elle, légèrement en retrait, sa mère lui abandonne le bras que la jeune fille serre à deux mains contre sa poitrine. Parfois, elle sautille en battant des mains comme un enfant, mais toujours elle finit par reprendre le bras de sa mère, qu’elle serre fort contre son cœur. A quelques mètres de là, une employée de Disneyland détache discrètement une danseuse de la parade et la conduit devant sa mère et la fille. La femme dit quelques mots à la danseuse qui répond timidement. Mais la musique est trop forte, et je n’entends pas ce que les deux femmes se disent. L’employée de Disneyland pousse alors la danseuse vers la petite fille. Costume d’andalouse, longue jupe à volants, corsage brodé de gros fils d’or et de rubans, la danseuse docile comme une poupée vivante offerte en cadeau, s’avance très près de la petite jeune fille. Quand la mère prend les mains de sa fille et les pose sur le corps de la danseuse, je comprends que la petite fille est aveugle. Elle touche la perruque, le visage. Les épaules. La poitrine. Le ventre. La danseuse se penche, elle ramène un volant du bas de sa jupe, la petite fille frotte le tissu contre sa joue en riant. Elle touche tout ce qu’elle veut, la danseuse se laisse faire. Parfois, la petite jeune fille s’arrête et se concentre. Elle imagine. Mentalement, elle raccorde une forme avec une autre, une sensation avec une autre. Dans sa tête sans doute, elle reconstitue le costume, peut-être même toute la parade. A un moment, la mère fait un signe à l’employée, l’employée à son tour tape légèrement sur l’épaule de la danseuse, la danseuse fait alors une révérence, en souriant, chuchote quelques mots que je n’entends pas à l’oreille de la jeune fille et cours retrouver sa place dans la parade. Maintenant, la petite fille s’est blottie, frémissante d’excitation, contre le ventre de sa mère. La mère, quant à elle, devait bien savoir que la grande parade serait pour sa fille bien plus belle que ce qu’en voient tous les enfants. Disneyland a été fait pour les aveugles. »

Et si on commençait par construire des greniers ?

Dans sa pièce de théâtre Le Canard sauvage, Henrik Ibsen raconte l’histoire d’une famille et de ses secrets (enfin, chez Henrik Ibsen, c’est un peu le motif récurrent). Issus d’un rang social élevé, les Ekdal vivent dans la pauvreté et l’isolement, suite à des malversations commises par le grand-père dans le commerce du bois. Le retour dans leur ville du fils de l’associé du grand-père fautif va révéler les dessous et mensonges que chacun des membres de la famille s’efforçait de camoufler. Si l’œuvre s’intitule Le Canard sauvage, c’est parce qu’un canard sauvage estropié vit dans le grenier. Ce même grenier, le vieil Ekdal l’a aménagé, recréant une forêt factice, et sa petite-fille Hedvig aime à s’y réfugier. (j’arrête là le résumé de la pièce, no spoiler).

Le rapport entre L’Estive aux Vans et une pièce écrite en 1884 par un auteur dramatique norvégien ?

Le grenier.

Dans la pièce d’Ibsen, le grenier est presque un personnage à part entière, et il en a toutes les ambigüités : c’est le lieu du refuge loin du monde, de l’imaginaire, du rêve et de la projection. De toutes les pièces que nous avons investies dans le Centre d’accueil, le grenier est sans conteste la plus belle, avec sa charpente apparente, ses poutres massives, ses murs décatis et son sol en béton. C’est un lieu clairement ouvert à tous vents et qui invite à y créer, à s’y installer pour chercher. Les musiciens ne s’y sont pas trompés, puisque – comme déjà dit –, c’est là-haut qu’ils se sont installés pour répéter. Ils l’ont nettoyé, un peu rangé aussi. Et lorsqu’ils jouent, tout le Centre d’accueil résonne de leurs compositions.

En fait, en regardant les musiciens de L’Estive choisir cet endroit, je repensais à ce que j’avais choisi de retenir de la pièce d’Ibsen (parce que qu’il s’agisse de théâtre, de musique, de danse ou, encore, de littérature, on reconstruit toujours plus ou moins volontairement le souvenir de l’œuvre, son discours supposé).

Loin du refuge stérile, le grenier évoque le lieu où l’on invente un terrain de jeu pour affronter la réalité. Un choix qui a certainement à voir avec l’enfance aussi : alors que les greniers sont des endroits souvent interdits / inaccessibles aux enfants, nombreux sont ceux aimant y aller. Peut-être parce qu’on peut y trouver de tout. Les portières de vieilles 2CV côtoient potentiellement les anciens instruments agricoles, les malles des grands-parents et la précieuse correspondance de guerre de l’arrière-grand-père. Dans ces lieux, le travail du temps abolit la hiérarchie habituelle du classement, de l’importance – toutes choses devenant égales sous la poussière.

Peut-être l’enfant éprouve-t-il dans ces espaces la fugacité d’une vie, sa futilité ? La fragilité, aussi, de l’éducation qu’on lui transmet – la transmission de l’attention aux souvenirs et aux objets se fissurant devant ce bric à brac entassé ?

On trouve des objets dans des greniers. On en abandonne dans d’autres. Mais peut-être qu’à chaque fois l’investissement de ces lieux permet-il, par le retour sur soi qu’il opère, de faire marcher l’imaginaire, de s’isoler pour ensuite avancer, proposer.

Tout ça – ouf, pas trop tôt, elle arrête là sa digression – pour dire qu’aujourd’hui, à L’Estive, c’était un peu une journée « fabrique ton grenier ». Parce que de la randonnée silencieuse réalisée entre 6h et 8h du matin au Granzon ; à la sieste sonore qui s’est déroulée en début d’après-midi, l’essentiel des rendez-vous (*) étaient calmes, propices au recueillement. Ou comment, par ces propositions, chacun a pu trouver de l’espace, de l’air, de l’imagination, avant de descendre du grenier pour aller jouer dehors, en plein air. Car à partir de ce soir, le rythme des propositions de L’Estive s’accélère et le public est invité à nous rejoindre sur divers temps :::

Bon. Ok. Si tu / vous m’as/m’avez lu jusque-là, 1) bravo ; 2) tout ceci n’aura pas été vain : car maintenant en quelques images et sons le récit fragmenté de cette journée – qui se prolonge par le concert de Gaston Fabien Rimbaud et ses ami.e.s, au Serre de Bar.

Randonnée dès potron-minet, quelques questions, et un départ =

  • une question à Grégoire Edouard (artiste, photographe)

 

  • une question à Sandra Compère (bénévole à Jazz aux Vans)

ouaip, dès potron-minet, L’Estive marche

 

  • une question à Myriam Pruvot (vocaliste, artiste sonore)

 

  • une affirmation de Charlie Moine (scénographe, performeur)

et oui, L’Estive marche encore

 

  • une sieste musicale, enfin, un début
  • quelques photos du concert au Serre de bar, pour finir

Fabien Gaston Rimbaud chuchote à l’oreille du Serre de bar – crédit Grégoire Edouard

Cathy, la boss du Serre de bar – crédit Grégoire Edouard

(*) = il y a eu d’autres choses, aussi, dont nous reparlerons. Telle une séance vidéo dans la rivière.

tirage et sort

Julie Menut est actrice, interprète pour la danse et le théâtre, performeuse et autrice en devenir – et invitée de L’Estive. « En devenir » car, comme elle l’explique, les textes qu’elle produit actuellement sont destinés à son travail, sans velléités d’édition ou de diffusion autres. Son travail porte, entre autres, sur la figure de la sorcière comme figure politique, et s’inscrit dans une analyse des rapports de genre.

Lors de la présentation mercredi matin, elle a également expliqué « expérimenter les protocoles de lecture des tarots de Marseille. » La pratique artistique étant pour elle une façon de prendre soin, de créer des déplacements, ce dispositif – comme d’autres, tels l’autohypnose – vient enrichir et décaler son travail.

Julie ayant proposé de tirer les tarots à qui voulait, ben voilà, ai candidaté :::

Les sons qui suivent sont au nombre de trois :

  • Avant, quelques explications préalables =

 

  • Pendant, comment cela peut – peut-être – se dérouler =

 

  • Après, quelques éléments complémentaires sur la façon dont cette pratique se relie à son travail artistique =

 

n.b. : Le son est de Myriam Pruvot, vocaliste et artiste sonore.

petit inventaire du jour (non exhaustif)

19 :19, au Centre d’accueil.

A l’heure où j’écris ces lignes – moment solennel, la cuisine fait la cuisine, le bois travaille le bois, l’équipe de Jazz aux Vans prépare les luminaires de lundi soir, certain.e.s boivent un verre en discutant, on en a vu partir d’autres à la rivière – qu’a-t-on pu voir aujourd’hui?

Faisons bref et simple, avec un peu de son.

Disons que ça travaille. Les musiciens, qui ont investi le grenier, ont commencé à répéter dès ce matin (2 concerts sont prévus, des infos ici). Des visiteu.se.r.s sont passé.e.s les écouter, voire danser ou chanter.

du son :

 

avant

après

encore après

A la chapelle, Clément Edouard (musicien, compositeur) et Myriam Pruvot (vocaliste, artiste sonore) ont proposé un moment de travail sur la voix. Pas besoin d’être chanteur pour participer, il s’agissait plus d’un cheminement vers le chant et la vocalise, qui partait d’un retour sur soi (respiration, détente, etc) pour aller vers le chœur.

du son, encore

 

Et puis les gens discutent, passent, viennent boire un café. « C’est ici, L’Estive ? », a demandé une visiteuse de passage. Nous avons répondu que oui, bienvenue, un café ? Et elle s’est assise pour écouter Fabien Gaston Rimbaud (musicien-auteur-performeur) et les acolytes qui jouaient à l’étage.

 

Enfin il y a aussi tous ces moments de discussion, occasion d’échanges sur le travail, les pratiques de chacun.e.s, les mots, la langue, celle qu’on emploie et dont on oublie parfois à quel point elle contraint le discours, contient la pensée. Une petite mise au point, en passant, en compagnie de Julie Menut, actrice, performeuse et autrice en devenir.

du son, toujours :

Hier, j’ai découvert l’existence des Monster (bastard) truck. Enfin, d’abord, j’ai découvert le nom. C’est Sandra et Gaëlle, membres de l’équipe organisatrice de Jazz au Lavoir qui en parlaient. Entendu de loin, Monster truck, ça fait un peu Pokemon Go version Quentin Tarantino. Un truc totalement stupide à la base mais qui, réalisé avec de l’intelligence (ou de la malice, c’est selon) et en convoquant tout un tas de références permet d’emballer tout le monde.

On nous a expliqué – ok, il s’agit ici d’un « nous » de majesté : il se peut que je sois la seule à ne pas connaître le principe des Monster truck – ce qu’était ces « camions monstres ». Des gros véhicules 4X4 dotés de roues surdimensionnées et utilisés pour des animations ou des attractions. Le rapport entre les Pokemon Go Monster Truck, L’Estive et Jazz au lavoir ? Une question d’affichage. Apparemment les Monster truck ont la réputation de couvrir toutes les affiches sans se soucier des autres projets, des autres annonces. Disons que les MT envisagent la communication de façon viriliste, dans le rapport de force. Comme, sur des territoires tels que la Drôme ou l’Ardèche l’affichage est essentiel pour annoncer des manifestations ; comme, en plus, la taille de leurs affiches est surdimensionnée – 1 suffit à recouvrir 4 de Jazz au lavoir – pour les structures ayant des événements aux mêmes dates, quand les MT se pointent, c’est un peu Attila qui débarque.

on me dit dans l’oreillette que ce n’est pas Monster truck, mais Monster motor show cascadeurs. ok. enfin, c’est bonnet blanc & blanc bonnet

Oui, mais donc, le rapport avec L’Estive et / ou Jazz au lavoir ? La communication, vous dis-je. Ce qui est intéressant, c’est à quel point la façon de communiquer raconte un projet, son objet, son ambition, son rapport à ses spectateurs potentiels, à un territoire. Pour les Monster truck : affichage brutal et démesuré. Une métonymie du spectacle qu’ils proposent, en somme.

Pour Jazz au lavoir, les affiches et les programmes sont disséminés un peu partout, chez les commerçants et sur les espaces dévolus à cet usage, aux Vans et à leurs alentours. Une communication à échelle humaine, qui repose beaucoup sur les soutiens en local, renvoyant à l’histoire de ce festival, porté par toute une équipe de bénévoles depuis sa naissance.

on communique mieux quand on connaît. donc là c’est la visite des Vans proposée par le Musée des Vans.

Pour L’Estive, ben, disons que ça se (dé)construit. Hier, lors de la réunion matinale, ce point a été soulevé : comment relayer nos activités ? Convier qui veut à passer nous voir, d’une part, et à venir découvrir les propositions, d’autre part ? Il y a ce site, il y a les réseaux sociaux, il y a un affichage sur une placette des Vans, il risque d’y avoir des impromptus.

Et puis il y a, aussi, surtout, vraiment pas mal, l’envie de se méfier de la communication lorsqu’elle se donne comme indispensable, le souci de se défier des chemins trop balisés.

Comme l’a dit Nicolas Filloque (graphiste, donc personne gagnant potentiellement majoritairement sa vie en concevant des objets permettant à d’autres de communiquer) : « Souvent on a envie de faire de la com’ alors qu’on devrait vraiment faire autre chose. »

Dont acte.

de loin, on ne voit rien, mais on l’entend

de près, on l’entend mieux, et on le voit. et si Jordy Martin, en jouant de la contrebasse dans la rue, communiquait sans le savoir ?

Jordy communique, euh, non, joue (à cache-cache)

or donc, se voir

Breaking News

rendez-vous à partir de 17h ce dimanche place de la fontaine, pour des impromptus turlututu. balade artistique à partir de 19h.

Pour se voir ailleurs, c’est très simple.

Nous, l’équipe de L’Estive, nous travaillons la plupart du temps au Centre d’accueil, au-dessus du Musée des Vans. Après, comme certain.e.s risquent d’être en goguette, d’autres de scier des bûches, de coudre, de composer, d’écrire, de tirer les tarots ou encore de cuisiner, voici quelques rendez-vous possibles :

  • Nous payons le café au Centre d’accueil tous les jours aux alentours de 14h
  • Un stage de danse flash est prévu samedi à 16h, au Centre d’accueil.
  • Un BAL à FACETTES est prévu samedi soir à 19h, devant l’Eglise. Tu viens tu ?
  • Une radio s’installe samedi, dimanche, lundi de 17h30 à 19h devant la Fontaine
  • et puis d’autres choses, elles aussi, également à venir – repasse faire un tour ici :::

Muscle au menu

Aujourd’hui, nous avons commencé à travailler. Vraiment. A réfléchir sur les interventions, les idées, les souhaits, les hypothèses, les besoins, aussi. Avant cela, le temps de présentation, pour savoir ce que fait chacun, ce dont il aurait potentiellement envie.

D’ores et déjà, nous pouvons vous dire qu’il y aura une randonnée pour voir l’aube et l’aurore, un Bal à facettes (infos bientôt, teasing, quoi), un café à partager pour qui veut venir discuter/regarder/écouter, tous les jours à 14h au Centre d’accueil. Et puis d’autres propositions encore à venir, en attendant dimanche soir, et lundi avec Jazz au Lavoir.

Pendant les présentations, Ernest Bergez (musicien, chanteur) a parlé d’Arno Calleja (poète) – oui il y avait un petit protocole -, en disant de lui, entre autres, que si ses textes étaient plutôt bruts, lui était un garçon raffiné. Que ses écrits ne parlaient de rien en particulier, mais peut-être un peu de tout. Qu’il faisait, et fait encore, du tennis – d’ailleurs, Charlie Moine (scénographe, performeur) partageant également cette passion, il risque d’être question à nouveau de tennis par ici.

série de Muscles

Par la suite, Arno ayant expliqué « être venu sans intention particulière, si ce n’est faire à manger pour tout le monde », l’entretien qui suit a été réalisé pendant la préparation du déjeuner. Arno et Nicolas Filloque (graphiste) lavent, coupent, etc. et le premier explique le projet de Muscle, m(in)usc(u)le revue de poésie éditée avec Laura Vazquez.

Muscle, c’est un peu comme une petite peinture à emporter avec soi, avec des mots de deux auteurs différents à chaque fois pour 3 euros. De parution bi-mensuelle, la revue se plie comme le ferait un jeu d’enfants et affiche une nouvelle couleur pour chaque couverture. Hormis le dernier numéro (le #17) qui a accueilli une traduction d’un texte de Franz Kafka, tous les poètes de Muscle sont, comme le précise Arno, majoritairement « extrêmement vivants ».

Arno Calleja présente Muscle – crédit Grégoire Edouard

Le soir même, la librairie La belle Hoursette a accueilli une lecture, assurée par des membres de L’Estive et précédée d’une présentation de Muscle. Comme quoi, Arno aura quand même fait autre chose qu’à manger. Quant à savoir si c’est intentionnel …

Julie Menut (actrice, performeuse et autrice en devenir) a lu un texte d’Hervé Bouchard, écrivain québécois né en 1963, édité aux éditions du Quartanier, et dont l’œuvre est notamment influencée par Valère Novarina et Samuel Beckett.

Julie Menut lit – crédit Grégoire Edouard

Bastien Mignot (artiste, performeur) a lu un texte de Eugène Savitzkaya, poète belge né en 1955 et notamment publié aux éditions de Minuit.

Bastien Mignot lit – crédit Grégoire Edouard